Quel est la recette d’une émission rentable ?

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« Allo ? T’es une émission, t’es pas rentable ? ». Cette semaine, une étude signée ETS, Madigan Cluff and Digital TV Research a effectué les comptes des émissions les plus rentables d’Europe. Et à la surprise générale, c’est le bébé de Laurence Boccolini, Money Drop, qui se retrouve à la première place. Mais quels sont les techniques pour qu’une émission soit profitable ? Quels facteurs alourdissent le coût de production ? Analyse.

Lucratif, mais comment ?

Pour qu’une émission rapporte, il faut que le coût de production soit inférieur aux  gains publicitaires – potentiels pour France Télévisions. Le coût de production est calculé en additionnant plusieurs agrégats qui permettent la construction d’un programme. Tout d’abord, l’infrastructure peut revenir chère selon l’importance du plateau et du lieu où il se trouve. Ensuite, si l’émission dispose de reportages, il faut pouvoir amortir les besoins des journalistes. L’animateur et les chroniqueurs sont  aussi une part importante dans la valeur financière et social du format. Un animateur connu peut rassembler des téléspectateurs, à la manière d’un Patrick Sébastien, mais avec un salaire élevé qui suit. Ensuite, l’émission doit rémunérer tous les agents de l’ombre. En fonction de la grandeur du programme, elle peut demander l’intervention de beaucoup d’intermédiaires. Enfin, la case horaire est une marque importante pour capitaliser. Les revenus sont différents à deux heures du matin qu’à une heure de l’après-midi, de par l’horaire et le public potentiel. La somme de tous ces facteurs doivent être plus faibles que les retours publicitaires pour que l’émission fasse du bénéfice.

Money Drop, le modèle parfait

Il est vrai que dans le paragraphe précédent, la question des récompenses de certains jeux-télés n’a pas été abordée. Il faut savoir que les plateaux télé à gros gains sont minoritaires dans la grille des programmes. Les quotidiennes ne proposent pas des sommes mirobolantes et disposent d’une audience qui amortit très rapidement ces coûts. Ainsi, le jeu de l’ancienne présentatrice du Maillon Faible a un chiffre d’affaires cumulé de 164 millions d’euros. Bien que la somme gagnable au maximum est d’un million d’euros, le programme a une infrastructure assez simple : rien ne bouge réellement, à part les trappes et les lumières. Pas de reportages, pas d’invités spéciaux, pas de chroniqueurs, seule Laurence Boccolini mène la barque de ce jeu où uniquement des inconnus jouent. La case horaire d’access prime-time est fruitif, le public grandit sur toutes les chaînes. Ainsi, le jeu par son principe simple attise les gens qui peuvent chez eux s’amuser à répondre aux questions. Le jeu étant assez long par candidat, les téléspectateurs peuvent même s’attacher momentanément à ces personnages d’un jour.

Les Bonnets d’âne de la télé

L’émission la moins rentable du PAF est Grand Public, le magazine culturel présenté par Aïda Touihri. Selon le magazine économique Capital, le programme coûterait 140.000€ par émission, soit pour sa case horaire de 448 000 téléspectateurs, un coût de 208€ pour mille personnes. Pour situer, une émission est dite rentable quand son coût pour mille personnes est inférieur à 60€. Autre mauvais élève, Le Grand 8 de Laurence Ferrari. 193€ pour mille téléspectateurs, l’émission est un vrai échec pour D8. Les chroniqueuses ont chacune un salaire élevé. Bien que le plateau ne coûte pas si cher, certains invités ont un certain prix. Sans parler des nombreux reportages qu’ils réalisent chaque jour. Enfin, la case horaire n’est pas bonne : l’émission démarre là où les jeux des chaînes historiques battent leur plein et termine sur les JT de TF1 et France2. Il serait temps de faire quelques changements du côté de la direction pour inverser la tendance l’année prochaine. Lorsqu’un coût de production est si élevé, il faut pouvoir compenser par des audiences puissantes. Prenons The Voice sur TF1 qui coûte 900 000€ par numéro, soit plus de 8 fois Grand Public. Le prime-time a un coût estimé à 45€ par milliers de téléspectateurs, soit cinq fois moins que Le Grand 8. Conseil pour les producteurs qui veulent se lancer dans ce genre d’aventure, ne commencez pas de suite avec des artifices en tout genre.

Florian G.

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