Peut-on tout diffuser à la télévision ? L’exemple d’Indochine

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Un sujet qui fait des remous : quelles sont les limites de diffusion à la télévision ? Indochine a créé le « buzz » avec son dernier clip College Boy. Pourquoi ? Il dépeignait l’ascension cruelle d’un bizutage d’un collégien dans son établissement allant jusqu’à des tortures obsèdes. Une vidéo qui a choqué de nombreuses personnes, et notamment François Laborde, membre du CSA, qui a estimé sur Le grand Direct des Médias sur Europe1, qu’il n’avait pas sa place sur les chaînes de diffusion musicale. Une déclaration rapidement contestée par Xavier Dolan, le réalisateur du court-métrage. Alors, y-a-t-il des frontières à ne pas franchir à la télévision ? Analyse.

Le trash pour moraliser

L’argument ultime de Xavier Dolan est, à travers ces deux minutes trente, dénoncer les comportements des enfants entre eux. Le réalisateur explique dans le Huffington Post que l’objectif est de « fournir à la jeunesse une œuvre à la fois réaliste et poétique, et qui puisse illustrer de manière graphique la brutalité dont ils sont à tour les dépositaires, instigateurs, ou témoins ». Il précise notamment que « Jamais il ne fût question de choquer volontairement, ou de provoquer un coup de marketing -dont ni Indochine ni moi n’avons besoin, soyons francs- ce que par ailleurs vous avez fait de votre propre chef en créant ce scandale imaginaire ». C’est l’aspect artistique que Xavier Dolan veut mettre en avant plus que la forme concrète du clip. Il est vrai que la télévision a vu assez terrible pour sensibiliser les téléspectateurs : une campagne de la sécurité routière a aussi choqué une partie du public. D’un point de vue artistique, la télévision s’est toujours censurée lorsqu’on souhaitait parler de certains tabous. On voit rarement le tableau de Gustave Courbet, L’origine du monde, son aspect sexuel gêne le CSA qui cherche à protéger les enfants. Des sujets comme la guerre, le sexe ou la drogue sont à prendre avec des pincettes au risque de se faire réprimander. De toute manière, la télévision n’est plus le média des jeunes, mais c’est désormais l’Internet. Un petit écran avec une immense base de données menant à des données bien plus choquantes que celle de la télé. Le réalisateur n’en fait aucun doute, car pour lui, « l’Internet veillera à la survie de ce document ».

Le CSA assure la bienséance

Les débats autour du clip ont fait jacter sur tous les médias et les déclarations de Françoise Laborde ont légèrement gênés. Ses interventions précédentes ont déjà fait émule, souhaitant la non-diffusion de téléréalité avant 22 heures. Une décision pas très claire puisqu’elle met dans le même sac tous les styles de téléréalité, autant celle d’enfermement que les télé-crochets ou les émissions culinaires. Lorsqu’elle s’est avancée sur le thème d’Indochine, elle a été très claire. Elle ne voulait pas de ce genre de vidéos en diffusion libre sur la télévision, cela relevait de sa mission. Un choix très compréhensible : un enfant n’a pas accès  encore à tous les codes pour décrypter le message du clip, il n’en verra que la violence ressortissante. On peut croire que cela permettra à certains gamins de comprendre ce qui n’est pas de bon de faire, mais cela peut-il aussi donner des idées à d’autres ? La violence du court métrage va choquer de nombreux enfants qui ne comprendront que l’image d’une violence gratuite. Le CSA a d’ailleurs pris les choses en mains : selon l’article 1er de la loi du 30 septembre 1986, relatif à la communication au public par voie électronique, le législateur a d’ores et déjà veillé à ce que soient assurés des principes aussi fondamentaux que le respect de la dignité humaine et la protection de l’enfance et de l’adolescence. Ainsi, le conseil a déclaré à toutes les chaînes qu’il y aura des mises en demeure pour celles qui décidaient de diffuser des extraits violents de la vidéo musicale. On doit toujours attendre les actions du CSA envers certaines téléréalités rabaissant des candidats ou donnant une perception de la réalité fausse aux enfants. Dorénavant, le clip est particulièrement visionné sur le net, sans avoir le succès du « buzz » à la télévision. Il n’est actuellement « qu’à » 600 000 vues.

 

Florian G.

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3 Commentaires

  1. ririn15

    Personnellement je ne comprends pas pourquoi ce clip choque autant, on voit bien pire à la télé. L’intention est bonne elle cherche à sensibiliser les adultes à la violence faîtes à l’école, car oui elle existe, et ils ne font rien pour protéger les enfants. De plus la loi du silence règne toujours dans nos écoles. On fait des lois pour protéger les adultes des violences au travail etc mais rien ne protège les enfants violentés à l’école. On prend trop à la légère ce problème très présent et allant souvent trop loin.

  2. LaZapette

    Personellement, j’ai un avis assez tranché. Quitte à vouloir sensibiliser, je préfére que ce soit dans une campagne publicitaire que dans un clip. Après, je suis conscient que c’est un problème qui existe toujours dans nos écoles et que certains enfants en souffrent.

  3. ririn15

    Je pense que ce clip vise à sensibiliser l’Etat et à le faire réagir car il fait comme si ce problème n’existait plus.

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