Thomas Joubert marche à l’onde

 

Fidèle compère de Jean-Marc Morandini sur Europe1, Thomas Joubert, 37 ans, navigue dans le milieu des médias depuis 1997. De la radio à la télévision, l’attentif journaliste s’est rôdé par ses diverses expériences  et sa passion du métier. Portrait d’un professionnel qui n’a pas sa langue dans sa poche par Florian Guadalupe.

 

Thomas Joubert, le journaliste trublion d'Europe1.

Thomas Joubert, le journaliste trublion d’Europe1.

Sa chronique quotidienne du Grand direct des médias terminée, Thomas Joubert m’accueille dans le studio intime numéro 4, ancienne maison de Pierre Bellemare et utilisé aujourd’hui pour des interviews. Les pieds sur terre, il fait parti de ces journalistes qui ne sont pas passés par des écoles reconnues. C’est sur le tas qu’il a appris le métier. De fil en aiguilles, il atterrit sur la station reine de Lagardère et se voit offrir l’émission des 30 ans du Top 50, « un rêve de gosse » pour le chroniqueur radio.

Sa lettre audacieuse à Europe 1

Du haut de ses dix ans, le poste radio dans sa chambre est déjà réglé sur Europe1 pour écouter le classement des musiques du moment présenté par Jean-Luc Delarue. La radio, c’est une histoire de famille. Avec des parents amateurs de radio, il connait par cœur les grilles des programmes, que le garçon refait et déplace lui-même. L’éternel fan d’Europe1 assiste déjà aux émissions de Jean Roucas, Laurent Boyer et du présentateur de Ça se discute dans les studios qu’il côtoie aujourd’hui.

À l’âge de 15 ans, le féru des médias a le privilège de rencontrer le directeur des programmes d’antan, Patrick Blanc-Francart. L’adolescent culotté lui écrit une lettre désignant les émissions qu’il aime et qu’il n’aime pas. Alerté par le style du jeune homme, le patron des grilles le fait venir dans son bureau et lui confie une mission : rendre des rapports d’écoutes réguliers toute la saison. Au bout de quelques semaines, Thomas l’avertit d’un animateur « qui explose à la radio », Artur. « À l’époque, c’est un phénomène de société, tout le lycée n’écoute que ça », raconte fasciné l’ancien chroniqueur de Faut pas rater ça sur France 4. Coïncidence ou réel impact, Artur débarque à la rentrée 1993 au micro d’Europe1.  Une anecdote qui l’a marqué et permis de mettre un premier pied dans le monde des médias.

L’ « excellente école » d’I<télé.

Ayant d’abord fait ses marques à la radio à France Inter, Voltage et Europe 2, la télévision le tente. Il passe par pléthore de chaînes télévisées avant de se poser sur I<télé  pendant huit ans. Une expérience qui l’aura « lessivée » mais qu’il confie être « une excellente école. » Débutant en chaîne d’information en continue, il se retrouve à devoir traiter de sujets lourds comme la seconde guerre en Irak, la mort de Jean-Paul II et les obsèques de Yasser Arafat. Lors du crash du Rio-Paris d’Air France, le journal se lance sans qu’il n’ait vu le sujet. « Des gens arrivaient dans le studio, on ne savait même pas qui c’était», se souvient Thomas Joubert, auparavant présentateur de la matinale avec Laurent Bazin et Nathalie Iannetta.

En 2011, la station de son enfance lui ouvre ses portes. Révolue l’information sérieuse, place à l’info média un peu plus légère. De cette grande expérience, il en ressort beaucoup de maturité : « on est toujours plus fort quand on est aussi à l’aise pour parler de la guerre en Afghanistan que de la petite culotte de Britney Spears ». Le plus beau mec de la télé 2012 selon Têtu a toujours entretenu une relation ambivalente avec les médias et le métier de journaliste.

De nouveaux supports parfois insupportables

En 2009, Twitter n’existait pas encore en France que Thomas Joubert voulait le mettre en place sur I<télé : « c’était beaucoup trop tôt ».  Ce réseau social est une vraie mine d’informations pour le journaliste média et people mais surtout un moyen pour lui de communiquer. Cela fait longtemps qu’il ne poste plus de messages personnels, les tweets sont essentiellement pour de la promotion ou un relai d’Europe1. Il reproche tout de même avec frénésie « l’effet pervers des réseaux sociaux » qui est devenu le « défouloir moderne » des internautes « avec des réactions extrêmement violentes. »Si Thomas a fait de la radio sa passion, c’est parce qu’il estime qu’elle « ne mourra jamais. » En moins de vingt ans, il l’a vu évoluer. Le jeune journaliste qu’il était à Europe2 se rappelle encore des heures qu’il passait à devoir convertir ses chroniques pour les diffuser sur le web. Une plaie de nos jours automatisée. Finis les lecteurs CD et les postes radios, aujourd’hui il écoute la radio sur l’Iphone et en podcast. « La radio d’il y a 10 ans n’est pas différente de celle d’aujourd’hui. Ce sont les supports qui ont changé », rappelle l’auteur du livre des 30 ans du Top 50.

Mais ce n’est pas les réseaux sociaux que le mordu de « Fais pas ci fais pas ça » critique le plus sur Internet, c’est la recherche incessante de clics et de buzz. Il sait que c’est Jean-Marc Morandini qui l’a inventé  et trouve même ça « géniale. » Ce qui le gêne, c’est que « l’information sérieuse soit tombée dans le même travers », notamment par le jeu de petites phrases. Pour les sites médias, il considère dommage que certains n’osent pas avouer qu’ils fonctionnent comme ça. Au jeu du clic et de la news, Thomas assume y participer tous les jours mais qu’en terme d’information, « ça n’a aucun intérêt ». La seule limite qu’il se donne, c’est de ne pas faire une information sur une personne qui refuse de répondre à un buzz « pour alimenter le feuilleton. »

Dans les pas de Morandini

Ce recul et cette carapace que s’est forgé le chroniqueur de 37 ans, il le doit en parti à l’animateur de fin de matinée d’Europe1, Jean-Marc Morandini. En venant d’I<télé, Thomas a eu l’image du « bobo parisien qui se pince le nez sur certaines informations. » À ses côtés, il a appris le sens du public. En le remplaçant plusieurs fois, il s’est rendu compte qu’il fallait se mettre à la place des auditeurs pour réussir l’émission. Et toujours  en ignorant ce que peuvent penser les « Télérama, Nouvel Obs ou Puremedias. » Le journaliste a acquis une faculté à être hermétique à toutes les critiques. Conscient de ne pas faire du journalisme Albert-Londres, son objectif est de passer un bon moment dans une émission sur les médias, l’actualité et la santé.

Peu à peu, il se fraie un chemin pour avoir le plus d’espace possible. Dès Noël, Jean-Marc Morandini lui laisse les manettes du Grand direct des médias, soit trois heures d’émissions en direct. Son ambition, il ne s’en cache pas et la station est au courant, Thomas Joubert voudrait décrocher sa propre émission : être au micro de la quotidienne le week-end et continuer à faire le 9h-10h sur les médias. Pour lui, « la télé, elle marche sept jours sur sept. » Toutefois, il met le doigt sur un grand défaut des radios généralistes : ils ne prennent que des gens de la télévision. Après avoir énuméré une dizaine de personnalités, il rappelle que Jean-Luc Delarue a commencé à la radio avant de devenir l’icone du petit écran. Ce nouveau système de la radio, il le juge en parti promotionnel. « C’est plus jolie sur les affiches d’avoir Alessandra Sublet que Thomas Joubert », convient l’ancien rédacteur en chef de Disney Channel. Thomas ne veut pas griller les étapes et compte bien arriver à ses ambitions. Il sait que c’est par le travail qu’il pourra concrétiser ses désirs, même s’il assume avoir eu ce facteur chance qui l’a beaucoup aidé dans sa carrière.

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