Serge Lazarevic : une interrogation sur sa libération


Serge Lazarevic a été relâché par Aqmi hier matin – (photo: bfmtv)

Après trois ans de détention par le groupe terroriste Al-Qaïda au Maghreb islamique, le franco-serbe a été libéré mardi. Dernier otage français dans le monde, les conditions de sa délivrance sont pointées du doigt.

Amaigri mais souriant, Serge Lazarevic a atterri ce matin sur la base aérienne de Villacoublay. Accueilli par le président François Hollande, il a remercié brièvement « la France, le peuple français et tous les gens qui ont œuvré pour la libération des otages ».

L’ex-otage avait été enlevé par un groupe d’hommes armés dans un hôtel à Hombori au Mali le 24 novembre 2011 alors qu’il était en voyage d’affaires avec un autre français, Philippe Verdon, tué d’une balle dans la tête en juillet 2013. La branche terroriste Aqmi avait revendiqué leur enlèvement, présentant les deux otages comme des agents des renseignements français.

Cependant, des interrogations sur les modalités de la négociation ont commencé à émerger. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères l’avait rappelé en août 2014 : « l’Etat français ne paie pas de rançon. » Une politique standard qui n’est pas toujours suivie.

Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement a admis qu’il « y a eu des négociations » qui ont été menées « par la France et par les pays qui agissent dans tout cette région pour lutter contre le terrorisme ». Toutefois, il « ignore » si un transfert avec des terroristes a eu lieu. La presse locale malienne a évoqué un échange de deux prisonniers, Mohamed Ali Ag Wadoussène et Haïba Ag Achérit contre l’otage français. L’Association malienne des droits de l’homme a même parlé de quatre prisonniers libérés.

 

Selon Pierre Martinet, ancien agent de la DGSE, Serge Lazarevic a été libéré contre le paiement d’une rançon. Même discours pour Alain Marsaud, député UMP des français à l’étranger : « Bien sûr que, pour obtenir la libération de Serge Lazarevic, à un moment ou un autre, on a été amenés à payer une rançon ou à obtenir des libérations de détenus ». Toutefois l’ancien juge anti-terroriste précise que « ce n’est pas forcement l’Etat qui paie, mais plutôt les caisses d’assurance ou les entreprises ».

De son côté, Marine Le Pen a déclaré ce matin s’opposer à payer une rançon pour libérer un otage. Selon la présidente du Front national, ces paiements « mettent en danger la vie ou la liberté de futurs otages car ils augmentent leur attractivité ». Sur ce sujet, François Bayrou est favorable à « des contreparties ».  «C’est l’honneur de la France de dire que nous sommes un pays qui n’abandonne pas les siens » a ajouté le président du MoDem jugeant qu’il n’est « ni sain, ni intéressant d’en demander plus ».

Malgré ces interrogations, le président de la République s’est réjoui de la bonne santé du franco-serbe. La libération de « tous les otages français » était « l’objectif » fixé par François Hollande lors de sa prise de fonction. Le locataire de l’Elysée poursuit sa lutte contre les groupes jihadistes en maintenant actuellement 3 000 hommes dans le Sahel.

Florian Guadalupe & Pierre-Yann Mazari

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