Mon texte sur le vendredi 13 novembre 2015

Je n’ai pas écrit d’articles sur ce blog depuis plusieurs mois. J’aurais aimé que ce soit sur un autre sujet. Etant occupé par mes différents stages, je n’avais plus le temps de rédiger pour ce petit blog, lu par une infime partie du web, mais qui me permet de faire ce que j’aime, écrire.

Déjà, une semaine que le terrible vendredi 13 novembre est passé. Ce soir-là, j’étais sur Paris. Quartier latin. Il est 21h30 et j’entends mon portable sonner. Ma sœur. Elle m’apprend la tragédie. Cette nouvelle qui va altérer les jours qui suivent, qui va nous faire vivre différemment, qui nous rappelle à quel point nos proches nous sont si chers.

J’ai pris connaissance des événements, mais je n’ai pas pris conscience de sa dimension. Je n’ai pas paniqué. Je n’ai pas eu peur. J’ai d’ailleurs pris le métro ce soir-là pour rentrer chez moi. Je n’étais pas à la fête, mais à la compréhension.

Quand le bilan des 130 est tombé, je n’ai pas réalisé non plus. Ce n’était qu’un chiffre. J’avais envoyé des messages à ceux qui comptent pour moi. Je n’ai pas toujours eu de réponses, mais je savais que tout le monde était en sécurité.

Je n’étais pas fan du drapeau bleu blanc rouge sur Facebook. Pour moi, c’était beaucoup de communication. Je l’ai mis, en me disant « il faut que je sois concerné ». Mais les jours ont passé. J’ai écouté les témoignages des survivants. Pas tous, car je n’en pouvais plus à la fin. Je me faisais une overdose d’information. J’avais la sensation -même si je ne saurais jamais ce que c’est réellement- d’être dans cette salle du Bataclan ou dans ces terrasses.

Puis, certains noms sont tombés en premier. J’apprends que des Clichois ont succombé. Je me sens touché. Une personne de mon entreprise, Webedia, est aussi parti. Mercredi, je tombe sur la fameuse liste des 129. Ce ne sont plus des numéros, un décompte mais des vraies personnes, qui ont un nom, une vie. Je découvre parmi ces noms, une personne que j’avais déjà rencontrée. Là, j’ai pris conscience de la tragédie. J’ai pensé à ces proches. A sa famille. Elle avait peu ou prou le même âge que moi. Je me suis demandé « pourquoi ».

Au final, je pense ne pas être le seul à avoir découvert un nom qui nous disait quelque chose. A avoir appris cette tragédie différemment quand elle nous touche de manière plus proche. J’ai une grosse pensée pour toutes les victimes. Je n’aurai pas la prétention de dire « je sais ce que vous ressentez », mais mes pensées vont vers elles. J’ai changé ma photo de profil sur les réseaux sociaux. Fini le bleu blanc rouge, j’ai opté pour une image noire, en guise de deuil et de tristesse, pas de colère. Ces terroristes n’auront pas ma haine. Je vous le dis.

On parle de prières, mais je ne sais pas si tous ceux qui sont morts étaient religieux. Surement beaucoup d’athées. Ce n’était donc pas une affaire de religion mais de mode de vie. D’où le fait que nous sommes tous concernés.

Ils ont visé la France qui sourit.

J’ai lu les 130 noms, ainsi que leurs petites biographies. J’ai du le faire en plusieurs fois. Les larmes coulaient. Et oui, je ne veux pas qu’on leur montre une France triste, mais nous le sommes pour plusieurs jours, semaines ou mois. Un deuil ne se décrète pas, mais s’impose seul après une telle tragédie.

Chacun le fait à sa manière. Il n’y a pas d’obligation. Cela passe par une minute de silence, un don de sang, le silence, en parler, marcher, rendre hommage avec des fleurs, des bougies ou des pensées. On peut aussi rien faire, ou tout l’inverse, rire, danser, coucher, boire encore plus. Mais ne nous imposons rien. Il faut que l’on fasse ce qu’il nous semble juste. Et apprendre à se relever.

Nous avons désormais 130 raisons de plus de vivre au maximum nos vies, réaliser nos rêves, profiter et rire. Ne nous perdons pas dans la haine constante, mais honorons leurs morts.

Je sais que ça peut paraître pour des belles phrases. Mais j’ai besoin pour ma part de mettre des mots sur ce que je pense.

Je pourrais écrire encore des pages et des pages sur ce que je pense. Ce texte est loin d’être parfait. Je l’ai écrit d’une traite. Je préfère m’arrêter là.

Soyons forts et unis. Nous continuerons à boire notre demi.

Florian Guadalupe.

 

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