Catégorie: Radio

100 000 euros la rénovation de son bureau : Mathieu Gallet se moque-t-il de nous ?

Révélation du prix excessif de la rénovation de son bureau: le galet dans la chaussure du PDG de Radio France

Révélation du prix excessif de la rénovation de son bureau: le galet dans la chaussure du PDG de Radio France

Alors que des préavis de grève menacent tous les jours Radio France, « le SNJ s’est vu abasourdi, choqué et consterné » par le coût de la rénovation du bureau du président de Radio France. Une révélation du Canard Enchaîné parue hier qui tombe mal.

 

« Il faut refonder Radio France comme si nous partions d’une feuille blanche », avait-il prévenu dans les colonnes du Figaro.  Devons-nous alors nous étonner de lire dans le palmipède que le jeune patron de la Maison de la Radio ait rénové son bureau à hauteur de 105 000 euros ? Soit plus de 1200 piges journalières à Radio France ou la rémunération de 200 stagiaires. La révélation rappelle l’affaire Thierry Lepaon, ancien patron de la CGT, mais celui-ci apparaît aujourd’hui comme un petit joueur, les travaux dans son bureau ayant coûté « seulement » 62 000 euros.

Meubles jetés, volets changés, moquette arrachée

C’est au 3e étage de la maison ronde, dans l’ancien bureau de Jean-Luc Hees, que Mathieu Gallet a souhaité tout refaire, jugeant la pièce pas assez à son goût. Un communiqué de Radio France explique que ces travaux s’inscrivent « dans le budget 2014, adopté en décembre 2013 », soit avant l’arrivée de l’ancien président de l’INA. La Maison de la Radio ajoute que « les dépenses de rénovation des espaces de la Présidence sont comprises dans cette enveloppe et s’élèvent à environ 100 000 euros ». Mais en regardant de plus près, le budget alloué à l’origine pour les travaux de ce bureau étaient de 34 500 euros. Tous les meubles ont étés jetés, les volets changés et la moquette arrachée. Le montant le plus élevé a été la restauration de boiseries en palissandre, représentant une note de 72 494 euros. Le tout – rappelons-le – payé par la redevance audiovisuelle.

« Ce bureau était impeccable »

Mais ce lieu de travail méritait-il d’être changé ? Selon l’ancien PDG de Radio France, Jean-Luc Hees, le lieu avait déjà était refait dans le cadre du grand chantier de la rénovation de la maison ronde. « Il y avait une très belle moquette aubergine et une peinture flambante neuve. Ce bureau était impeccable », se souvient-il dans les pages du Canard Enchaîné. Les couleurs ne lui plaisaient peut-être pas. A l’INA, Mathieu Gallet avait également refait son lieu de travail. « Avant Radio France, Mathieu Gallet avait déjà rénové son bureau, rue de Valois, à l’INA. C’est un toc. Non remboursé par la sécu », ironise sur Twitter, Emmanuel Beretta, journaliste politique au Point. 

Quadruple préavis de grève

Une polémique qui n’améliorera pas les relations du PDG de Radio France avec ses salariés. Comment peut-il être crédible en présentant son plan social « de retour à l’équilibre » quand il rénove son bureau à des prix exorbitants ? Le conseil d’administration a adopté un budget 2015, déficitaire de 21,3 millions d’euros, une première dans l’histoire du groupe des radios publiques. Le syndicat national des journalistes a indiqué dans leur communiqué qu’il « était très inquiet dans un contexte déjà alourdi par les menaces qui pèsent sur l’emploi et, à terme, sur les missions de l’entreprise ». Un quadruple préavis de grève a été déposé aujourd’hui, cette fois-ci illimité. Il s’agit du troisième appel à la grève en un mois contre un éventuel plan social et des mesures d’économies.

Florian Guadalupe

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« J’avais presque l’impression d’attirer la mort ». Constantin Simon, auteur d’India Express

India Express, récit du jeune journaliste, Constantin Simon, sept années passées en Asie.

India Express, récit du jeune journaliste, Constantin Simon, sept années passées en Asie.

Dans le cadre d’une émission radio sur le thème de l’Inde, le Master journalisme de Gennevilliers (MJG) a reçu le journaliste et auteur, Constanstin Simon, pour la promotion de son livre India Express (éditions Le Passage). Dans son premier roman, il retrace son épopée  de sept ans à travers l’Asie, sous la forme du carnet de bord d’un personnage fictif, Pierre, nourri de rencontres et de souvenirs de reportages. Mais au-delà de ses épopées, je me suis intéressé à l’évolution de l’homme, de ses amours, de sa famille, de son approche de la mort. Interview.

Peut-on dire qu’il y a un Constantin Simon avant et après l’Inde ?

Oui, le Constantin Simon d’avant était un peu comme vous, quelqu’un qui avait vécu toute sa vie dans son pays. Ça change beaucoup de chose quand on s’installe dans un pays qui n’est pas le sien. J’ai l’impression d’être devenu un peu Indien, si on peut dire ce bien grand mot, si on peut devenir d’un autre pays, si on peut changer son identité. Mais en tout cas, sur certains traits particuliers, habitudes horaires, par exemple, je suis devenu un peu Indien. Je suis toujours en retard. Vous me direz, on peut être en retard et pas Indien, mais en tout cas, les Indiens sont toujours un peu en retard et ont un rapport au temps un peu plus flexible. Il y a d’autres points sur lesquels je suis devenu un Indien.

Deux, trois mots forts pour qualifier l’Inde ?

Je dirai la vitalité, l’énergie et la jeunesse.

À part votre amour pour l’Inde, est-ce que vous avez trouvé votre âme-sœur ?

(rires) Je crois que c’est une quête un peu plus longue. Je n’irai pas jusqu’à dire que j’ai trouvé, mais je pense, comme disait Robert Brasillach: « Ce qui compte n’est pas l’aboutissement du chemin, mais le chemin lui-même ». Peut-être qu’en cherchant, en continuant à chercher, en continuant à bourlinguer, à faire des reportages et des ouvrages, je suis sur une voie. Après, je ne vous dirai pas que j’ai trouvé la fin de cette voie, la finalité.

Votre héros, Pierre, évoque aussi beaucoup sa famille au début du récit, mais n’en parle plus du tout après. Comment est-ce que vous avez appris à vivre loin de vos proches ?

Vous savez quand vous êtes nourris par des rencontres permanentes, ça vous remplit de choses. Après, vous connaissez aujourd’hui les technologies numériques, Skype et toutes ces choses-là. On peut garder facilement contact avec les siens.

Ce n’était pas trop difficile ?

Non, pas du tout. Je vous invite à venir faire cette expérience en Inde.

Il y avait un passage qui était un peu plus important dans le livre, qui était la mort. On voyait que pour Pierre, c’était une grosse obsession. Je voulais savoir comment vous, vous l’avez vécu ?

J’ai été plusieurs fois confronté à la mort. J’avais un peu l’impression, sans être traumatisé comme le personnage, que c’était un peu étrange à chaque fois de croiser la mort, presque de l’attirer. Soit dans des conditions particulières, un peu historiques. Par exemple à Bangkok, quand j’ai filmé l’assaut de l’armée thaïlandaise pour reconquérir le centre-ville en mai 2010, qui était occupé par les révolutionnaires en chemises rouges, j’ai vu un collègue se faire toucher par une grenade. Ou alors dans des situations beaucoup plus anecdotiques. Comme dans ce chapitre à Karachi. Je filmais une famille et le mari de la famille est pratiquement mort devant ma caméra. C’est une famille anonyme. J’ai filmé cette mort. On l’a emmené à l’hôpital. J’ai pu rentrer avec ma caméra. J’étais très jeune journaliste et je pense, que je ne savais pas comment filmer la mort. On apprend à filmer la mort. Il faut peut-être essayer de suggérer un cadavre, une main plutôt que de filmer les choses en gros plan. À l’époque, je ne savais pas faire. J’ai appris à me positionner sur cette question de la mort.

Vous dites dans le livre que votre rêve était de devenir Grand reporter, et vous l’avez réalisé. Alors, aujourd’hui, quels sont vos rêves ?

Peut-être devenir grand écrivain ? (rires)

Florian Guadalupe

Retrouvez ici l’intégralité de l’émission

Charlie Hebdo : Que retient-on de la couverture médiatique des attentats ?

Après les attentats du début du mois de janvier, l'heure est au bilan pour les médias de l'audiovisuel

Après les attentats du début du mois de janvier, l’heure est au bilan pour les médias de l’audiovisuel

Durant l’attaque à Charlie Hebdo et les malheureux évènements qui l’ont suivie, les médias audiovisuels ont fait face à une situation inédite. De lourds moyens techniques ont été mis en œuvre pour suivre l’affaire. Quel bilan peut-on en tirer ?

La surprise, puis la réaction. La triste nouvelle apprise, l’ensemble des médias, notamment audiovisuels mais aussi web, a chamboulé leur programme déployant une édition spéciale : direct avec journalistes sur le terrain, analyse par des experts, etc. Les réseaux sociaux, les institutions et les journalistes eux-mêmes ont critiqué certaines manœuvres des médias pour avoir des exclusivités et les meilleurs images, parfois au dépend du bon déroulement des opérations de la police et des gendarmes. Que faut-il retenir, quelles erreurs ont été faites ?

Danger du sur-plus d’information

Rumeurs ou intox, durant trois jours une pluie d’information est tombée à la télévision et sur les réseaux sociaux. Les médias devaient faire preuve de recul avec les données des actions lors des opérations à Dammartin-sur-Goëlle et à Porte de Vincennes.

L’annonce de France 2 de la présence de Lilian Lepère,  salarié de l’imprimerie où étaient cachés les frères Kouachi, aurait pu le mettre en péril. Une information récupérée par la Deux à la suite d’une interview de la sœur du « présumé otage ». « On ne peut pas dire que nous avons mis en danger le frère de cette personne », affirme au Monde, Thierry Thuillier, directeur de l’information de France Télévisions, « à partir du moment où on comprend que la sœur est sans nouvelle de son frère et qu’elle dit cesser de l’appeler pour éviter de le compromettre s’il est caché, on change l’angle de la conversation à l’antenne ».

Autre cas sur BFM TV, à la fin de l’assaut à Porte de Vincennes, la femme de l’un des otages dénonce la diffusion de la chaine d’information continue de la présence d’otages cachés dans une chambre froide du supermarché. Hervé Béroud, directeur de la rédaction de BFM TV, a tenu expliqué qu’ils n’ont jamais mentionné leur existence dans un bandeau. Seul, le journaliste Dominique Rizet, en plateau, a évoqué une fois la présence d’une femme cachée, se justifiant l’avoir dit avec l’accord d’un contact au Raid. Certains sites web comme l’Express.fr ont regretté avoir donné trop information et ont fait leur mea culpa : « Nous sommes censés, nous apprend-on dans les écoles, ne diffuser une information que si elle a été vérifiée à deux sources différentes et fiables. On l’oublie trop souvent, au gré des circonstances, des urgences, des fausses certitudes ou des nécessités – et quand je dis on, je monte dans la barque avec L’Express. On tâchera de s’en souvenir. »

« Grand coup de chapeau aux journalistes »

Bien que de nombreuses erreurs aient été réalisées durant cette lourde semaine, il ne faut pas oublier les circonstances inédites pour les journalistes. L’information aurait pu être contre-productive, notamment avec les caméras avant les assauts, qui auraient pu aider les terroristes à suivre le déroulement des opérations. Mais ne négligeons pas le travail journalistique qui a aussi permis au public de suivre l’affaire et d’aider les forces de l’ordre. « Il y a probablement eu quelques erreurs ici ou là, mais quel travail. Grand coup de chapeau ! » félicite Mémona Hintermann, membre du CSA au micro de Jean-Marc Morandini sur Europe 1, « le zéro défaut n’existe pas ».

Quand un évènement d’une telle ampleur débarque dans les rédactions, le réflexe n’a pas été que la course à l’information. Une majorité de médias a d’abord essayé d’avoir un décryptage clair de l’incident, avant de prendre des mesures efficaces pour couvrir les évènements correctement. « Nous avions les moyens d’adopter une approche prudente. On a un service police-justice composé de cinq personnes qui, jour et nuit, est là pour valider l’information donnée sur nos antennes », raconte Laurent Guimier, directeur de France Info« l’idée n’est pas de fanfaronner en disant : « On n’a pas fait d’erreur » mais bien de se dire qu’on a tenu nos engagements éditoriaux même dans les moments de très fortes tensions ».

Une rencontre entre les dirigeants de l’audiovisuel

L’accalmie revenue, le CSA a réuni jeudi l’ensemble des médias afin de revenir sur le traitement médiatique des attentats à la télévision et la radio. Animée par Olivier Schrameck, président du gendarme de l’audiovisuel, près d’une quarantaine de responsables sont venus exposer leurs difficultés et les problématiques rencontrées. Objectif de cette journée : comprendre le cadrage de l’information sur ces évènements pour servir demain en pareilles circonstances.

Principale remarque faite : les relations avec les autorités publiques. Afin d’éviter des maladresses ou dérapages, Thierry Thuillier, Hervé Béroud et Céline Pigalle, directrice de la rédaction d’i<télé, ont réclamé « un interlocuteur permanent du côté des autorités ». Cette mesure empêcherait au moins de divulguer la présence ou non d’otages et de doser l’information en fonction des enquêtes et de l’opération. Même si les dirigeants des grandes chaînes et radios seront toujours dans la quête de l’exclusivité et de l’audience, principale mesure de revenu de ces rédactions. Pour rappel, BFM TV a enregistré son record historique le jour de l’attaque à Charlie Hebdo avec 13,3% de parts d’audience.

Florian Guadalupe

Thomas Joubert marche à l’onde

 

Fidèle compère de Jean-Marc Morandini sur Europe1, Thomas Joubert, 37 ans, navigue dans le milieu des médias depuis 1997. De la radio à la télévision, l’attentif journaliste s’est rôdé par ses diverses expériences  et sa passion du métier. Portrait d’un professionnel qui n’a pas sa langue dans sa poche par Florian Guadalupe.

 

Thomas Joubert, le journaliste trublion d'Europe1.

Thomas Joubert, le journaliste trublion d’Europe1.

Sa chronique quotidienne du Grand direct des médias terminée, Thomas Joubert m’accueille dans le studio intime numéro 4, ancienne maison de Pierre Bellemare et utilisé aujourd’hui pour des interviews. Les pieds sur terre, il fait parti de ces journalistes qui ne sont pas passés par des écoles reconnues. C’est sur le tas qu’il a appris le métier. De fil en aiguilles, il atterrit sur la station reine de Lagardère et se voit offrir l’émission des 30 ans du Top 50, « un rêve de gosse » pour le chroniqueur radio.

Sa lettre audacieuse à Europe 1

Du haut de ses dix ans, le poste radio dans sa chambre est déjà réglé sur Europe1 pour écouter le classement des musiques du moment présenté par Jean-Luc Delarue. La radio, c’est une histoire de famille. Avec des parents amateurs de radio, il connait par cœur les grilles des programmes, que le garçon refait et déplace lui-même. L’éternel fan d’Europe1 assiste déjà aux émissions de Jean Roucas, Laurent Boyer et du présentateur de Ça se discute dans les studios qu’il côtoie aujourd’hui.

À l’âge de 15 ans, le féru des médias a le privilège de rencontrer le directeur des programmes d’antan, Patrick Blanc-Francart. L’adolescent culotté lui écrit une lettre désignant les émissions qu’il aime et qu’il n’aime pas. Alerté par le style du jeune homme, le patron des grilles le fait venir dans son bureau et lui confie une mission : rendre des rapports d’écoutes réguliers toute la saison. Au bout de quelques semaines, Thomas l’avertit d’un animateur « qui explose à la radio », Artur. « À l’époque, c’est un phénomène de société, tout le lycée n’écoute que ça », raconte fasciné l’ancien chroniqueur de Faut pas rater ça sur France 4. Coïncidence ou réel impact, Artur débarque à la rentrée 1993 au micro d’Europe1.  Une anecdote qui l’a marqué et permis de mettre un premier pied dans le monde des médias.

L’ « excellente école » d’I<télé.

Ayant d’abord fait ses marques à la radio à France Inter, Voltage et Europe 2, la télévision le tente. Il passe par pléthore de chaînes télévisées avant de se poser sur I<télé  pendant huit ans. Une expérience qui l’aura « lessivée » mais qu’il confie être « une excellente école. » Débutant en chaîne d’information en continue, il se retrouve à devoir traiter de sujets lourds comme la seconde guerre en Irak, la mort de Jean-Paul II et les obsèques de Yasser Arafat. Lors du crash du Rio-Paris d’Air France, le journal se lance sans qu’il n’ait vu le sujet. « Des gens arrivaient dans le studio, on ne savait même pas qui c’était», se souvient Thomas Joubert, auparavant présentateur de la matinale avec Laurent Bazin et Nathalie Iannetta.

En 2011, la station de son enfance lui ouvre ses portes. Révolue l’information sérieuse, place à l’info média un peu plus légère. De cette grande expérience, il en ressort beaucoup de maturité : « on est toujours plus fort quand on est aussi à l’aise pour parler de la guerre en Afghanistan que de la petite culotte de Britney Spears ». Le plus beau mec de la télé 2012 selon Têtu a toujours entretenu une relation ambivalente avec les médias et le métier de journaliste.

De nouveaux supports parfois insupportables

En 2009, Twitter n’existait pas encore en France que Thomas Joubert voulait le mettre en place sur I<télé : « c’était beaucoup trop tôt ».  Ce réseau social est une vraie mine d’informations pour le journaliste média et people mais surtout un moyen pour lui de communiquer. Cela fait longtemps qu’il ne poste plus de messages personnels, les tweets sont essentiellement pour de la promotion ou un relai d’Europe1. Il reproche tout de même avec frénésie « l’effet pervers des réseaux sociaux » qui est devenu le « défouloir moderne » des internautes « avec des réactions extrêmement violentes. »Si Thomas a fait de la radio sa passion, c’est parce qu’il estime qu’elle « ne mourra jamais. » En moins de vingt ans, il l’a vu évoluer. Le jeune journaliste qu’il était à Europe2 se rappelle encore des heures qu’il passait à devoir convertir ses chroniques pour les diffuser sur le web. Une plaie de nos jours automatisée. Finis les lecteurs CD et les postes radios, aujourd’hui il écoute la radio sur l’Iphone et en podcast. « La radio d’il y a 10 ans n’est pas différente de celle d’aujourd’hui. Ce sont les supports qui ont changé », rappelle l’auteur du livre des 30 ans du Top 50.

Mais ce n’est pas les réseaux sociaux que le mordu de « Fais pas ci fais pas ça » critique le plus sur Internet, c’est la recherche incessante de clics et de buzz. Il sait que c’est Jean-Marc Morandini qui l’a inventé  et trouve même ça « géniale. » Ce qui le gêne, c’est que « l’information sérieuse soit tombée dans le même travers », notamment par le jeu de petites phrases. Pour les sites médias, il considère dommage que certains n’osent pas avouer qu’ils fonctionnent comme ça. Au jeu du clic et de la news, Thomas assume y participer tous les jours mais qu’en terme d’information, « ça n’a aucun intérêt ». La seule limite qu’il se donne, c’est de ne pas faire une information sur une personne qui refuse de répondre à un buzz « pour alimenter le feuilleton. »

Dans les pas de Morandini

Ce recul et cette carapace que s’est forgé le chroniqueur de 37 ans, il le doit en parti à l’animateur de fin de matinée d’Europe1, Jean-Marc Morandini. En venant d’I<télé, Thomas a eu l’image du « bobo parisien qui se pince le nez sur certaines informations. » À ses côtés, il a appris le sens du public. En le remplaçant plusieurs fois, il s’est rendu compte qu’il fallait se mettre à la place des auditeurs pour réussir l’émission. Et toujours  en ignorant ce que peuvent penser les « Télérama, Nouvel Obs ou Puremedias. » Le journaliste a acquis une faculté à être hermétique à toutes les critiques. Conscient de ne pas faire du journalisme Albert-Londres, son objectif est de passer un bon moment dans une émission sur les médias, l’actualité et la santé.

Peu à peu, il se fraie un chemin pour avoir le plus d’espace possible. Dès Noël, Jean-Marc Morandini lui laisse les manettes du Grand direct des médias, soit trois heures d’émissions en direct. Son ambition, il ne s’en cache pas et la station est au courant, Thomas Joubert voudrait décrocher sa propre émission : être au micro de la quotidienne le week-end et continuer à faire le 9h-10h sur les médias. Pour lui, « la télé, elle marche sept jours sur sept. » Toutefois, il met le doigt sur un grand défaut des radios généralistes : ils ne prennent que des gens de la télévision. Après avoir énuméré une dizaine de personnalités, il rappelle que Jean-Luc Delarue a commencé à la radio avant de devenir l’icone du petit écran. Ce nouveau système de la radio, il le juge en parti promotionnel. « C’est plus jolie sur les affiches d’avoir Alessandra Sublet que Thomas Joubert », convient l’ancien rédacteur en chef de Disney Channel. Thomas ne veut pas griller les étapes et compte bien arriver à ses ambitions. Il sait que c’est par le travail qu’il pourra concrétiser ses désirs, même s’il assume avoir eu ce facteur chance qui l’a beaucoup aidé dans sa carrière.

« On va S’Gêner » contre « Les Grosse Têtes » : la bataille de l’après-midi

La bataille dure déjà depuis plusieurs semaines. On Va s’gêner contre Les Grosses Têtes, Europe1 contre RTL, Ruquier contre Bouvard. Je me suis rendu sur place pour pouvoir comparer les deux émissions. L’un existe depuis 1977, l’autre nait qu’en 1999. Chacun en face de l’autre. Deux générations différentes. Tous deux possèdent un format se rapprochant : une bande et un invité pour critiquer l’actualité. A travers trois points essentiels, je tente de comparer les deux programmes mythiques.

Accueil / Infrastructure 

Du côté de la rue François 1er, ce sont de jeunes stagiaires qui viennent chercher le public. L’attente se fait en dehors de la station et les agents font entrer quand ils considèrent que tout le monde est arrivé. Dans rue voisine Bayard, des agents de sécurité filtrent le public et installent dans le studio goutte-à-goutte. Ces « agents » ne sont pas très souriants et rendent trop sérieux l’avant-tournage. D’ailleurs, ce sont eux qui placent dans le plateau de Bouvard. Au contraire, chez Ruquier, le public s’aménage où il le souhaite. Encore mieux, la disposition des chaises est en arc-de-cercle. Un agencement malin qui permet à chacun de pouvoir regarder tranquillement. Les locaux de RTL proposent une organisation à l’instar d’un théâtre. Ce qui implique une mauvaise visibilité pour les spectateurs du fond. Voilà, pourquoi On Va s’gêner remporte cette première manche.

Aspect culturelle

Bien que l’humour soit de mise dans chacun des programmes, il ne faut pas oublier qu’ils abordent tous deux des sujets techniques. Laurent Ruquier réalise de vraies quêtes à l’information chaque matin en lisant tous les journaux. Il pose des questions à ses chroniqueurs sur l’actualité. Aucun thème n’est mis de côté, pas de tabou dans la bande d’Europe1. Chez Philippe Bouvard, les informations, on en rit et on s’en amuse. Mais son atout ? Il invite une personnalité extérieure spécialisé dans un domaine. Les chroniqueurs vont ainsi questionner l’invité et informer sur des sujets très sérieux. Un point moins appuyé chez la concurrence qui reçoit, généralement, un invité mystère qui vient pour sa promo et provenant du domaine artistique. Ainsi, sur la forme culturelle, Les Grosses Têtes ont une longueur d’avance.

Le divertissement !

Le facteur principal qui nous intéresse se trouve dans le divertissement. Philippe Bouvard possède une bande de vieux briscards tel Jean-Jacques Perroni, Philippe Chevalier ou Macha Méril. Bien que certains soient des cadors de l’humour, on se perd parfois dans de l’humour sous la ceinture et sans finesse. La plupart de leurs blagues sont éculées : parler de DSK à tout va ne fait aujourd’hui plus rire. Point négatif : les multiples prises de Bouvard qui n’est plus apte à présenter une émission. A l’inverse, Laurent Ruquier a créé une vraie équipe équilibrée : il a su mêler toutes les générations, tous les milieux et tous les âges. On peut retrouver donc Pierre Bénichou aux côtés de Steevy Boulay. Chacun a son humour et se lâche complétement. Les chroniqueurs sont proches du public : ils arrivent à créer une atmosphère familiale et ainsi faire rire les spectateurs aux larmes. Un point qui amène à déclarer On va s’gêner comme le meilleur niveau divertissement.

Et vous, quelle est votre émission favorite ?

 

Florian G.

Manoukia sur France Inter cet été

manoukian

Ce coup-ci c’est un rouge ! Le Parisien nous révèle que le compositeur André Manoukina animera cet été une émission sur France Inter, afin de décrypter la musique. La grosse station du service public nécessite d’arborer une belle affiche pour la saison estivale. Toujours deuxième nationale, la radio rouge et noire détient l’ambition de rattraper le retard sur RTL. Surtout que l’audience se dégrade. Sur la période Janvier – Mars 2013, Médiamétrie enregistre 1,09 millions d’auditeurs quotidiennement, soit une baisse de 3% sur un an. De ce fait, France Inter veut prendre le dessus sur le domaine de la musique en faisant appel à un cador du milieu.

Manoukian, une personnalité préférée de la télé

Les castings  de l’émission de D8  saison 10 démarrent et l’éternel juré rêve d’un nouveau dessein : la radio. Quand France Inter l’appelle pour occuper une case sur la station, André Manoukian n’hésite pas. A 56 ans, le natif de Lyon s’apprête à découvrir le monde des micros. Le musicien possède déjà plusieurs cordes à son arc : auteur, compositeur, arrangeur, pianiste et comédien ! Sa passion du jazz et son talent d’artiste interpellent de suite les producteurs de Nouvelle Star. Il devient ainsi le pilier du programme et un sex-appeal chez la ménagère. Reconnu pour ses phrases surréalistes, André Manoukian entre dans l’univers des personnalités préférées de la télévision.

« La vérité est dans le jukebox »

La télé, il connait. Quid de la radio ? Rien du tout ! Même s’il n’a jamais été aux commandes d’une émission, France Inter le désigne pour animer la tranche de 10 heures à 11 heures pendant le mois de juillet. Baptisée « La vérité est dans le jukebox », l’ancien compagnon Liane Foly analysera à sa façon la musique. Ses connaissances en la matière ajouteront une expertise et une légitimité à l’émission. Au rendez-vous du lundi au vendredi, France Inter deviendra son confessionnal : il dévoilera tous les secrets et les coulisses du cosmos de la chanson. Le mal rasé reviendra sur l’histoire de plusieurs airs et rappellera les raisons pour lesquels il les aime tant. Et pour les fanatiques, nous aurons encore la chance d’entendre ses métaphores décalées et cosmiques.

Florian G.

 

Du neuf à Europe1

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C’est aujourd’hui que toutes les rumeurs de la station bleue se sont confirmées. Le patron d’Europe1 depuis peu, Fabien Namias, a confirmé dans Le Monde, l’arrivée de deux stars de la télévision. Ainsi, on apprend que Bruce Toussaint qui a débarqué en 2011 n’est pas reconduit et qu’à sa place, c’est le présentateur de M6, Thomas Sotto qui devra régler plus tôt son réveil.Le mis à l’écart n’a pas donné d’indice sur la suite de sa carrière. Des rumeurs sur Twitter parlent d’un retour dans le groupe Canal. Europe1 ne fait que contourner le problème en mettant la faute que sur Bruce Toussaint concernant la matinale. Pour l’humour, Canteloup restera, il est le pilier de la chaîne et le symbole d’une chaîne qui se veut provocatrice. Fabien Namias annonce aussi que Michel Drucker ne sera pas reconduit la saison prochaine, expliquant qu’il prend une « année sabbatique ». Synonyme de retraite ? Pour prendre sa place, il confirme l’arrivée de Cyril Hanouna. En quoi consistera son émission ? personne ne le sait encore. Thomas Sotto ne connait pas encore son avenir sur M6 et apprendra à dompter Julie, la speakerine et l’intervieweur hors pair, Jean-Pierre Elkabbach. La radio qui a perdu des auditeurs compte bien reprendre du galon dès septembre prochain ! Elle va y mettre tous les moyens en gardant aussi ses valeurs sures comme Laurent Ruquier ou Laurent Guimier.

 

Florian G.