Catégorie: Société

Nous avons tous un peu de Charlie

"Je suis Charlie", le message diffusé sur les réseaux sociaux en soutien à l'hebdomadaire

« Je suis Charlie », le message diffusé sur les réseaux sociaux en soutien à l’hebdomadaire

Midi, les médias les plus fiables le confirment. Une fusillade sanglante a lieu dans la rédaction de CharlieHebdo. Bilan fait par Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur : douze morts et huit blessés dont quatre grièvement. L’heure est au recueillement en France. Sur les réseaux sociaux, c’est un raz de marée d’hommages. On se souvient de #notinmyname ou #bringbackourgirls, pour cette tragédie les internautes ont exprimé leur tristesse mais aussi leur solidarité à travers le hashtag #JeSuisCharlie. Un soutien réalisé par l’ensemble de la classe politique, d’Emmanuel Macron à Christian Estrosi, en passant par Arnaud Montebourg et Cecile Duflot. Une émotion qui a dépassé les frontières françaises.

Ce ne sont pas simplement des journalistes et des policiers qui ont disparus. Ce sont des français. Ce sont des personnes qui défendent la liberté d’expression, la liberté de la presse et toute sorte de liberté qui soit. La présence de la presse libre et indépendante en France est gage de démocratie. Nous sommes tous touchés et horrifiés. Nous sommes tous satiriques devant la politique, les médias, la religion, la société. Nous sommes tous dessinateurs, rêveurs, provocateurs. Aujourd’hui, avec les nouvelles technologies, les smartphones, les téléphones, nous avons tous une part de journaliste en nous. Oust les débats de religions ! Je ne veux pas commencer à expliquer une chose qui n’est pas à expliquer. Simplement, ceci n’est pas l’Islam. 
Ce mercredi 7 janvier 2015, la France, les français et Charlie ont vécu un instant noir. Une douleur partagée par une grande majorité qui a su rassembler derrière un même sentiment, celui du recueil. Après avoir vu ces derniers mois, tous ces débats autour de l’identité nationale, l’immigration, le communautarisme et tous ces sujets qui clivent le pays, je peux être fier de voir en France une union nationale, au de-là des classes politiques, de la religion et de la classe sociale. Aujourd’hui, nous avons tous été Charlie.

 

Florian Guadalupe

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Neuf ans de menace

Une de Charlie Hebdo

Une de Charlie Hebdo

Ce matin, trois terroristes ont attaqué la rédaction de Charlie Hebdo, faisant douze morts et huit blessés. Le directeur de la rédaction Charb, ainsi que trois autres dessinateurs, Cabu, Tignous et Wolinski ont été abattus.

Triste prémonition. Dans le premier Charlie Hebdo de l’année, sorti ce jour dans les kiosques, Charb s’étonnait dans un de ses dessins qu’il n’y ait pas encore d’attentat en France. « Attendez, on a jusqu’à le fin janvier pour présenter ses vœux », lui répondait un homme, arme en main et ressemblant à un taliban. Malheureusement, il avait vu juste. Ce matin, l’attentat qu’il attendait ironiquement, a bel et bien eu lieu et lui a couté la vie, ainsi qu’à onze autres personnes présentes sur les lieux.

Cet attentat est le résultat d’une longue histoire entre le journal satirique et l’Islam. En 2006, il reprenait des caricatures du quotidien danois Jyllands-Posten, au nom de la liberté d’expression. Ces douze dessins provocateurs mettaient en scène le prophète Mahomet. Ici se situe le point de départ des menaces, avec qui Charlie Hebdo vit depuis bientôt 10 ans. Depuis, des policiers veillaient systématiquement à l’entrée de la rédaction, dans le onzième arrondissement de la capitale.

Pourtant, Charlie Hebdo, pas vraiment effrayé, a continué à publier des caricatures du prophète. En 2011, il avait transformé son nom en Charia Hebdo, mettant a nouveau en scène Mahomet. Premier avertissement d’envergure, dans la nuit du 1er au 2 novembre 2011, les locaux du journal sont incendiés. Si aucune victime n’est à déplorer, l’intérieur du bâtiment, est intégralement détruit. Charb est, dès lors, mis sous surveillance rapprochée. Dans le même temps, le site internet est piraté durant quelques heures avec, en guise de page d’accueil, une photo de la mosquée de la Mecque titrée du slogan « No got but Allah » (Pas d’autre Dieu qu’Allah).

En 2012, Charb expliquait que malgré les menaces de plus en plus pressantes, son journal ne modifierait pas sa ligne de conduite. « Il y a de la provocation comme toutes les semaines, pas plus avec l’islam qu’avec d’autres sujets », faisait-il savoir… En grandes difficultés financières le journal est menacé de disparition. Mais, aujourd’hui, l’important n’est pas là. Aujourd’hui, nous sommes tous Charlie.

Antoine RAGUIN