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Alain Juppé, l’art de la communication efficace

Alain Juppé a été désigné par le magazine GQ, "l'homme politique de l'année".

Alain Juppé a été désigné par le magazine GQ, « l’homme politique de l’année ».

Après ses affaires judiciaires à la fin des années 1990, son exil à Montréal et sa défaite aux législatives de 2007, Alain Juppé a fait un retour fracassant sur le devant de la scène avec une communication rôdée. L’ancien premier ministre a réussi son année en cassant l’image de l’homme passéiste et technocrate et devenant une autre alternative pour 2017. Pour la moitié des français, il ferait « un bon président » devant Manuel Valls (32%) et Nicolas Sarkozy (31%) selon un sondage de Vivavoice commandé par Libération le 22 décembre 2014.
« Après avoir lancé sa candidature cet été pour à la présidentielle de 2017, Alain Juppé a maintenu sa communication, notamment sur les réseaux sociaux. Son statut d’homme d’Etat expérimenté est dans la continuité de son image au Quai d’Orsay » explique Gilles Boyer, son conseiller communication qui a élaboré avec l’ancien ministre des Affaires étrangères son retour efficace.

Une stratégie ciblée

La communication du chef du gouvernement de Jacques Chirac passe une grande partie par son blog, qu’il tient depuis 2000, et sur lequel il a annoncé le 20 août sa candidature à la présidentielle, mais aussi son programme au moment du retour de Nicolas Sarkozy et ses prises de positions sur l’actualité. »Son blog-notes, al1jup, est très repris, très lu et très efficace depuis la fin de l’été » ajoute le bras de « gauche » d’Alain Juppé, revendiquant 6 000 visites par jour contre 1 000 auparavant, « sa campagne municipale réussie a été un vrai boost. Sa stratégie de communication  a été très ciblée. L’objectif est de ne pas avoir besoin de se montrer partout et tout le temps ».
L’ancien président du RPR fait souvent la une des journaux d’opinions mais aussi des Inrocks, magazine idéologiquement à gauche où il prend le contrepied de l’ancien président en pleine campagne pour la présidence de l’UMP. Alain Juppé incarne une ligne différente de Nicolas Sarkozy, plus orientée à gauche. Alors que les débats tournent autour de l’abolition de la loi Taubira, l’ex-ministre de la Défense de 2010 à 2011 déclare être « favorable à l’adoption par un couple du même sexe ».

« En politique, on n’est jamais fini »

Une position franche après le succès de son passage à Des paroles et des actes sur France 2 le 2 octobre. Son retour se ressent par l’embellie dans les sondages, gagnant quinze points depuis juillet 2014 (sondage LH2, le 9 octobre) et le plaçant premier pour la primaire UMP de 2016. Il est alors plébiscité par GQ le 19 novembre qui le nomme « homme politique de l’année ». Il reçoit d’ailleurs le Prix 2014 de l’humour politique, décerné par le Press Club de Paris, pour sa phrase : »En politique, on n’est jamais fini, regardez-moi! ».
L’actuel maire de Bordeaux a connu des traversées du désert. Premier ministre en 1995, il accuse d’une forte impopularité, notamment à la suite de mouvements de grèves pour « la défense des acquis sociaux ». Adjoint au maire aux Finances de Paris, il est condamné en 2004 à quatorze mois de prison avec sursis et un an d’éligibilité pour une affaire d’emplois fictifs, une partie des journalistes estimant qu’il « paye pour Jacques Chirac ». Il se retire au Québec par la suite, avant de revenir se présenter aux législatives en 2007. Une élection synonyme d’échec l’empêchant d’obtenir le millefeuille ministériel de l’Ecologie. Alain Juppé, ayant regagné la mairie de Bordeaux, se met en retrait des médias et travaille sur une nouvelle approche des Français.

Pour 2015, « la même ligne »

« On a choisi de faire des choses différentes que les autres: élargir la communication sur le plan culturel. Mais il ne faut pas être sur tous les médias, il ne faut pas en faire une overdose. On a refusé 99% des demandes » avoue Gilles Boyer. Et lorsqu’il se fait huer dans sa propre ville à Bordeaux le 22 novembre sur le sujet d’une primaire ouverte aux partis centristes, devant des militants UMP aux côtés de Nicolas Sarkozy, Alain Juppé reste de marbre. Il est d’ailleurs soutenu par de nombreux cadors du parti, comme Jacques Chirac. Son positionnement sur l’échiquier politique plus au centre lui offre le soutien de François Bayrou  et marque clairement l’image de l’homme de droite modéré.
Cette posture, le membre du triumvirat de l’UMP « va l’intensifier lors de la primaire en 2016. Il faudra s’adapter aux circonstances et à l’actualité. Pour 2015, l’objectif n’est pas de maintenir la même communication mais de garder la même ligne » souligne son conseiller communication.

 

Florian Guadalupe

Les « Laurent » du PAF

La télévision a vu passer de nombreuses personnalités. De grands noms qui nous ont marqués, soit par leur humour, leur professionnalisme ou leur talent. J’ai choisi de relever cinq « Laurent » qui ont su apporter quelque chose de plus à la télévision. Avant tout chose, il faut savoir que ce classement est purement subjectif de ma personne. Il n’est en rien issu d’un sondage ou d’un panel de personnes. Il fait suite au classement fait sur les « Thierry » du PAF.

5 –  Gerra, le Laurent imitateur !

A imiter toutes les voix, on en oublie la sienne ! Laurent Gerra fait parti des meilleurs imitateurs de sa génération avec Nicolas Canteloup et Gérald Dahan. Natif de Mézériat dans l’Ain, il débute dès 5 ans ses premières imitations, notamment Michel Sardou et Jacques Dutronc. Malgré son ambition faible pour l’école, il fait en 1985 des études d’Information et Communication. Au même moment, il parvient de contourner le service militaire se passant pour « dépressif avec risque de passer dans l’acte ». Pour quelle raison ? Monter à Paris pour ses premiers spectacles. Il peaufinera ses premiers sketchs à Lyon, avant d’intégrer en 1991 le cabaret Don Camillo à Paris. Il fait ensuite ses débuts avec Jacques Martin à la télévision où il rencontre un autre Laurent avec qui il participera à Ainsi font, font, font. En 1994, il rejoint le mythique Michel Drucker dans Studio Gabriel. Pour ses quelques pièces, il reçoit le Molière du meilleur spectacle à sketchs ! Son ascension se fait réellement quand il imite Jacques Chirac sur Europe1 lors des vœux du nouvel an. Il alterne alors radio et spectacle où il rejoindra rapidement l’équipe de RTL. Sa passion pour la bande dessinée l’amène même à prendre la relève de Morris pour l’écriture des scénarios de Lucky Luke. D’années en années, il s’impose comme le pilier de l’imitation, notamment celle des politiques ! Il ne s’arrête sur personne, de Jean-Marie Lepen à François Mitterand en passant par François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon.

4 – Romejko, le Laurent immortel

Connu pour sa météo et son animation courageuse de Des Chiffres et des Lettres, Laurent Romejko entre dans ce cercle fermé des présentateurs qui sont indéboulonnables. Il est nécessaire de rappeler qu’il est avant tout un grand journaliste ! D’origine polonaise, il naît en 1963 à Meulan. Depuis toujours poussé par une envie de devenir reporter, il est accepté dans l’Ecole Supérieur de Journalisme de Paris où il décroche son diplôme avec panache. Etonnant, il démarre d’abord sur le minitel où il anime la voix off des Enfants du Rock d’Antenne 2. Il se forme ensuite à la radio sur RFM et Autoroute FM  jusqu’en 1985. Il rejoint l’équipe de Télématin en 1989 pour donner le bulletin météo, ce qu’il fera jusqu’en 2012 ! Il se tente dans l’enfance en présentant Cajou sur Canal J, sans réel succès. Il se voit quand même la lourde tâche de remplacer William Leymergie sur l’émission matinale quand celui-ci est absent. Il n’arrête pas la radio puisqu’il  est le monsieur Météo de RFM. Sa première émission qui le fera connaître est Des Chiffres et Des Lettres, il en prend les commandes de 1992 à aujourd’hui.  Toutefois, sa passion pour les climats ne s’arrête pas puisque depuis septembre 2012, il présente avec Marine Vignes une quotidienne sur la météo en France, Météo à la carte.

3 – Delahousse, le Laurent de 13h

Mèche blonde, regard de braise, la ménagère tombe littéralement sous son charme. Mais il n’est pas arrivé là sans obstacles. Le jeune originaire du Nord est parti très jeune de chez ses parents à Paris pour démarrer des études d’avocat pénaliste. Il se voit diplômé d’une maitrise des droits des affaires et du travail, ainsi qu’un DEA du droit privé. Sa carrière de journaliste, il la démarre en 1994 sur RTL. Il est stagiaire au service politique de la station. Un stage performant qui le fera remarquer par LCI qui l’engage en 1996 où il est reporter politique et à l’étranger. La direction lui attribue des journaux et des hebdomadaires. En 1999, il bascule sur M6, la chaîne veut rajeunir sa grille. Après plusieurs magazines où il est rédacteur en chef, le grand public le connait à travers Secrets d’actualité. Le magazine d’investigation va avoir un succès hors du commun. En 2006, sa carrière prend un nouveau virage : il part sur France 2 devenir le joker de David Pujadas et il anime un magazine sur les tendances du moment sur Europe1 le soir. En 2007, il ne se consacre qu’au journal télévisé où il devient titulaire à 13h en semaine et à 20h le week-end. Des rumeurs arrivent rapidement comme quoi il débarquerait sur TF1, mais Laurent est fixé à son poste de France 2 qu’il apprécie. Son premier prix, il le reçoit en 2010 : on lui attribue le prix Roland Dorgelès  dans la catégorie « Télévision », pour son « attachement à la qualité de la langue française ».

2 – Baffie, le Laurent provocateur

Incontrôlable, Laurent Baffie est le seul trublion du PAF a n’avoir aucune limite. La vulgarité, ça n’existe pas pour lui, on peut rire de tout. Son libre arbitre peut choquer mais il est l’unique humoriste à dire tout ce qu’il pense sans que ça ne pose problème. Il a la réplique propre et placée au bon moment. Là est tout son talent ! Pourtant l’écolier de Montreuil a tout arrêté dès la 4ème pour entrer hâtivement dans la vie active. Il commence des études de comptable qu’il lâche pour le théâtre. Ses premiers cachets, il les prend en tant que figurant dans les émissions du couple Carpentier. En 1985, il entre dans La classe de France 3 via Jean-Marie Bigard. En échange, il l’aide à écrire ses spectacles, un soutien qu’il fait encore aujourd’hui. Ses passages à la radio ont une grande place dans sa carrière. De 1990 à 1999, il passe de Fun Radio à Skyrock, puis Europe2. Il faut attendre 2007 pour qu’il réendosse l’uniforme d’animateur radio sur Europe1 avec C’est Quoi ce Bordel ?! de 11h à midi. Comme sur Rire et Chanson quelques années plus tard, il est évincé pour raison « économique ».  Le grand public apprend à le connaître sur la télévision, notamment son rôle de snipper dans les émissions de Thierry Ardisson. Les invités tremblent qu’à l’idée de se faire descendre par un Baffie imparable. Il se lance en 2003 au cinéma avec son film Les clefs de Bagnole qui est une vraie catastrophe. De cet échec, il ne prolonge pas sa carrière de scénariste, mais qui sait ? Pour le moment, il passe son temps en tant qu’invité bankable et dîne ses amis sur 17ème sans ascenseur sur Paris Première.
Edité: Laurent Baffie est évincé de Paris Première et ne termine pas la saison

1 – Ruquier, le Laurent conquérant

Il est le meilleur animateur de France Télévisions. Bien qu’il soit passé par des flops à ses débuts, ses émissions d’aujourd’hui sont chacune des purs succès. Son apparition dans un programme met le format sur un piédestal. On peut clairement dire qu’il est plus fort que son émission. L’enfant du Havre n’était pas destiné à cette carrière. Il est clairement un exemple de réussite pour les jeunes. Parti dans des études de comptable, il se retrouve, par les conseils de Patrice Gérald, sur les planches. De 1983 à 1990, il découvre la radio locale du Havre, puis monte sur Paris pour officiait sur France Inter. Il rencontre de futurs humoristes lorsqu’il intègre Ainsi font font font avec Jacques Martin. En 1999, il débarque sur Europe1 où il présente On va s’gêner. Une émission où il se fait plaisir avec sa bande de potes. Une case qu’il n’a pas changé depuis et qui cartonne toujours sur la station. En parallèle, la télévision lui ouvre les bras. Il bat un record : l’émission arrêtée le plus prématurément du PAF (Les Niouzes en 7 jours). Mais c’est en 2000, qu’Ardisson et Catherine Barma lui laisse carte blanche pour faire à la télévision ce qu’il fait à la radio : naît ainsi On a tout essayé. On y retrouve Pierre Bénichou, Titoff, Caroline Diament, Christine Bravo ou même Jérémy Michalak. En 2006, il crée On n’est pas couché qui cartonne instantanément. Un rendez-vous pour les couche-tard pour revoir l’actualité de la semaine au crible. Ancien jeune humoriste, il veut donner sa chance à de jeunes humoristes en créant On n’demande qu’à en rire, toujours sur France2.  Son amour des planches va aussi l’amener à écrire des pièces qui vont avoir aussi un beau succès. Aujourd’hui, France 2 espère bien le retrouver pour animer un access prime-time pour septembre 2013.


Florian G.